me & abdo

me & abdo
# Posté le jeudi 03 juillet 2008 12:14

abdo_idder( lmochakiss )_aNa_ismail .......

abdo_idder( lmochakiss )_aNa_ismail .......
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 03 juillet 2008 12:13
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 12:33

meeeeeeeeeeeeee

meeeeeeeeeeeeee
wa dimaaa yasalaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaammmm
# Posté le vendredi 06 juin 2008 22:58

JIL JILALA ..........another legend ....

JIL JILALA ..........another legend ....
Un peu d'histoire sur Jil Jilala

Portrait. Jilala for ever


Mohamed Derham,
leader des Jil Jilala (DR)
Plus connu aujourd'hui comme concepteur-rédacteur en communication ou comme membre de la famille Oufkir, Mohamed Derham est d'abord un grand artiste, qui a participé à la formidable aventure de Jil Jilala, groupe mythique de nos belles années 70.


"Je suis le produit d'une époque". Mohamed Derham a vu le jour à Marrakech en 1949. Il a grandi dans le Maroc de la post-indépendance, celui des si mouvementées années 60. "Cela bouillonnait vraiment à tous les coins de rue. La tendance était à la culture et à la politique. On contestait beaucoup, mais on entreprenait également beaucoup". Le Marrakech du début
des sixties constituait, juste derrière Casablanca, la deuxième scène authentique de l'underground marocain, une sorte de contre-culture où la contestation politique était servie par deux armes redoutables : la musique et le théâtre. Comme ses congénères de Nass El Ghiwane, Lemchaheb ou Tagadda, Derham est venu à la musique via le théâtre, d'abord dans les rues, ensuite dans les associations locales, les fameux "clubs de la jeunesse" qui proliféraient à l'époque, la scène, etc. Le mot d'ordre dominant, à l'époque, était la "correction", ou le retour à la marocanité : "On voulait tout corriger. Nous sortions à peine du colonialisme, nous voulions nous en éloigner au plus vite en retournant au patrimoine marocain, loin des vents de l'Occident, mais aussi des sirènes du Machreq arabe". Derham passe par les deux principales associations qui fédéraient la jeunesse de Marrakech : la chabiba Al Hamra et le club Comédia. C'est là qu'il côtoie déjà deux futurs membres de Jil Jilala, Moulay Abdelaziz Tahiri et Moulay Tahar Asbahani, ainsi que Mohamed Chahramane, l'un des auteurs les plus inspirés des années 70, spécialement réputé pour la réadaptation des textes anciens. Ce mouvement, qui a réellement pris de l'ampleur à partir de 1962, a atteint son apogée trois années plus tard avec, entre autres, l'adaptation du fameux "Al-Harraz" par le dramaturge Abdeslam Chraïbi, sorte de réplique marrakchie de Tayyeb Saddiki à Casablanca. Mohamed Derham se lie rapidement au comédien Mohamed Afifi, un grand monsieur du théâtre populaire (vu au cinéma, entre autres, dans "à la recherche du mari de ma femme" ou "Mille mois"), quitte son Marrakech natal pour Fès et El Jadida, avant de déposer ses valises, définitivement, à Casablanca. En 1971, Larbi Batma, Mohamed Boujemia et d'autres jeunes gaillards du Hay Mohammadi se sont affranchis de Tayyeb Saddidki pour fonder Nass El Ghiwane, avec le succès que l'on sait. Derham leur emboîte le pas avec Moulay Tahar Asbahani, Mahmoud Saïdi (décédé il y a deux semaines) et quelques autres. En 1972, Jil Jilala était né. "Le groupe, se rappelle Derham, doit son existence à Hamid Zoughi (ndlr : acteur chez Jilali Ferhati et, aujourd'hui, réalisateur de cinéma). C'est lui qui nous a réunis et convaincus de nous lancer en travaillant un nouveau style, inspiré de la musique soufie et des chants des zaouiyas marocaines". Le nom de Jil Jilala (la génération des Jilala) est d'ailleurs dédié à l'une des nombreuses confréries du royaume. Pour ses débuts, le groupe récupère l'un des membres fondateurs de Nass El Ghiwane, Moulay Abdelaziz Tahiri, venu pour explorer à fond les possibilités par le Zajal et le malhoun. Jilala s'adjoint aussi les services d'une chanteuse, Sakina, et va à Essaouira chercher un jeune mâalem gnaoui, menuisier le jour et prodigieux musicien – chanteur la nuit : Abderrahmane Paca. Les premières chansons du groupe, sans doute les meilleures de tout leur répertoire (les "Lajouad", "Lighara", "leklam lemrassaâ") sont portées, d'ailleurs, par le jeu de ce même Paca, qui basculera quelques années plus tard chez les frères-ennemis de Nass El Ghiwane. Comme ces derniers, les Jil Jilala obtiennent un succès immédiat, plus palpable dans le sud du pays, mais aussi dans tout le Maghreb, et principalement en Tunisie. à partir de 1974, le groupe essaie d'élargir son champ et recrute, coup sur coup, deux excellents musiciens : Abdelkrim Kasbiji, qui deviendra la coqueluche du groupe sur scène, et Hassan Miftah. Plus tard, les Jilala iront chercher un autre jeune mâalem, pour pallier le vide laissé par Paca : Mustapha Baqbou, aujourd'hui l'une des références de la scène gnaouie à Essaouira. "Nous n'étions pas exactement une bande d'amis, prévient toutefois Derham, juste des musiciens complémentaires qui tournaient bien ensemble en étant, tantôt, plus royalistes que le roi, tantôt plus communistes que les communistes". Le royalisme des Jilala trouve son illustration quand, au lendemain du discours de la marche verte de Hassan II, le groupe compose à la va-vite l'un de ses standards : le très patriotique "Laâyoune Aïniya (Laâyoune, mes yeux)". Le communisme du groupe s'exprime, dixit Derham, via "Sa propension à tout partager équitablement (royalties, recettes des tournées) entre tous les membres du groupe, quel que soit l'apport de chacun". Royalisme et communisme vont se diluer au fil des années. Entre 1976 et 1977, Sakina quitte le groupe. Ce qui n'empêche pas Jil Jilala d'aligner de nouveaux chefs-d'½uvre, comme la reprise fantastique de "Chamâa", vieille chanson du répertoire du malhoun, transcendée par les jeunes gens de Marrakech. Ou "Arrâad", autre classique du malhoun revisité avec bonheur. Sans oublier "Loutfiya", éternel chant soufi dans lequel Derham est au sommet de son art. Dans la foulée, le groupe enregistre ce qui restera, probablement, comme son plus grand succès : "Ezzine ousoulouk". La chanson, magnifique de bout en bout, comporte un passage ("sarrah masjounek", littéralement libère ton prisonnier) devenu aussi fameux que le "Haydouss" de Lemchaheb. Explication de Derham : "Ce texte n'est pas à nous, il appartient au patrimoine marocain. Il signifie, au premier degré, libère-toi de ce qui te pèse sur le c½ur. Mais la façon dont le couplet a été chantée, plutôt crié, hurlé, lui a donné une multitude de significations qui appartiennent, d'abord, à ses auditeurs". Pour la petite histoire, "Sarrah Masjounek" est devenu, au grè du hasard, "libère les prisonniers d'opinion", "vide ton verre (de vin)", "exprime ton désir à ta dulcinée", etc.
La belle histoire de Jil Jilala s'essouffle tout au long des pénibles années 80, marquées par l'arrivée massive des synthés, du raï et par l'ère du vidéo-clip. Le groupe, à l'image des Ghiwane et Lemchaheb, se cherche et se perd, entre le besoin de se renouveler et celui de coller à une époque qui n'est plus vraiment la sienne. Jil Jilala, sous l'impulsion de Derham, introduit une section de cuivres. Mais le clivage, au sein du groupe, est déjà consommé ; Derham fait bande à part avec Tahiri, tandis que le tandem Asbahani – Kasbiji fait des virées solitaires en malhoun (dont, notamment, un excellent "Dijour" avec le regretté Haj Houcine Toulali). "C'était le dur retour à la réalité des choses, se souvient avec amertume Mohamed Derham. Nous étions trop romantiques au départ, mais dans les années 80, nous sommes devenus adultes, des gens mariés, avec des responsabilités, des ambitions personnelles, etc. Même l'inspiration a commencé à se dissiper. Nous n'avancions pratiquement plus. Les décalages devenaient énormes entre les uns et les autres, et chacun voulait pousser dans sa direction. Difficile, dans ces conditions, de continuer d'exister, réellement, en tant que groupe". En 1995, Derham quitte définitivement Jil Jilala, une décision douloureuse qu'il avoue avoir sans cesse différée... depuis 1983. Trois années plus tard, l'artiste publie, à presque 50 ans, son premier et unique album solo. Une expérience qu'il n'a toujours pas renouvelée : "On vit, aujourd'hui, dans un monde de piratage tous azimuts. Publier un disque, même s'il marche bien, revient à perdre de l'argent puisque l'essentiel des recettes va à des pirates et autres revendeurs clandestins". Derham continue de jouer et de composer dans son petit coin (musiques de téléfilms, de génériques d'émission radio et télé, etc), se produisant même de temps en temps sur scène. Il gagne sa vie, d'abord, en tant que concepteur-rédacteur dans une agence de communication, loin, très loin du troubadour inspiré qui, dans les années 70, crachait littéralement ses poumons à chaque chanson de Jil Jilala. "Qui dit artiste, dit être atypique. Et dans un pays qui ne reconnaît pas vraiment ses artistes, on est tous condamnés à végéter ou à s'en sortir grâce à des bouts de ficelles". Il y a deux semaines, Derham a éprouvé un pincement de c½ur en apprenant le décès, tragique, de l'un de ses anciens compagnons du groupe, le discret Mahmoud Saïdi découvert seul dans son appartement à Casablanca, plusieurs jours après sa mort. Un autre des ses camarades de "promotion", Abderrahmane Paca, vit des jours difficiles à Essaouira. Derham se déplace, d'ailleurs, ce week-end à Essaouira pour rendre un hommage à Paca, en compagnie de deux survivants des mythiques Nass El Ghiwame et Lemchaheb, Omar Sayed et Sousdi...
Enfin, pour la petite histoire, Mohamed Derham rappelle qu'il n'a rien à voir avec la famille Derham, l'une des plus puissantes tribus des provinces du Sud. Et ne tient pas spécialement à évoquer ses liens de sang avec la famille Oufkir. "J'ai épousé la nièce du général, en 1974, alors qu'il n'était déjà plus de ce monde, voilà tout"...


© 2005 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés
# Posté le jeudi 27 mars 2008 19:39

l'histoire de LEMCHAHEB ....l3aaaz

l'histoire de LEMCHAHEB ....l3aaaz
L'histoire de Lemchaheb est née autour d'une table de "La Comédie", célèbre café du centre-ville de Casablanca, en face du défunt théâtre municipal. C'est là que Moulay Chérif Lamrani vient trouver le régisseur de Nass El Ghiwane, un certain Mohamed Bakhti, et lui demande : "Je sais que tu as bossé avec les Ghiwane, on veut monter un groupe comme eux,
aide-nous". Nous sommes en 1973, en pleine explosion de la pop marocaine autour de Nass El Ghiwane. Moulay Chérif Lamrani, 24 ans à l'époque, est un musicien accompli. Originaire de Boudnib (comme le général Oufkir dont il disait, pour plaisanter, qu'il était "un cousin oublié"), le musicien doit beaucoup à son père, Mbarek Boudnibi, connu pour avoir longtemps dirigé un orchestre à Oran. Dès ses débuts, Moulay Chérif reprend la mandoline de son père, en allonge le manche et conçoit ainsi un instrument unique au monde : sa mandoline à lui !
Chérif, qui a un faible pour les frères Mégri alors en plein boom, est imbibé de musique algérienne (sa mère est Algérienne). Pour l'épauler, il s'appuie sur les textes d'un ami, Mohamed Boulmane, instituteur à Hay Mohammadi (et ancien gardien de la fierté du quartier, l'équipe du TAS), connu pour sa grande culture. À eux deux, ils ont écrit et composé une première démo, accompagnés d'un certain Boukili d'Oujda et de Larbi Kessa au bendir. L'enregistrement, fait dans des conditions artisanales, est présenté à Bakhti. Le verdict tombe comme un couperet : "C'est intéressant, juge l'ancien régisseur de Nass El Ghiwane, mais pour avoir le succès des Ghiwane, il vous faut d'autres musiciens et des chanteurs". Moulay Chérif retourne à son quartier, le Belvédère, et à son boulot, à Carnaud, où il est dessinateur. L'affaire est entre les mains de Bakhti qui cherche de nouvelles têtes pour accompagner le prometteur Moulay Chérif et mettre en valeur les textes de Boulmane.
Bakhti, un instituteur de 37 ans, a un immense avantage. Il dispose d'un local aux Roches-Noires, où bien des groupes sont venus répéter, voire habiter quelque temps. Après les Ghiwane, il avait pris sous son aile Tagadda dont faisait partie Mohamed Batma, le frère de Larbi. Bakhti auditionne d'autres groupes de passage à Casablanca et finit par dénicher la perle rare : les Tyour Ghourba (oiseaux de l'exil), originaires de Marrakech. Le groupe est composé des deux frères Bahiri, Ahmed et Mohamed, anciens de la troupe de Hamid Zahir, et d'une jeune fille de 15 ans, Saïda Birouk. Les Tyour Ghourba tournent en rond et n'arrivent pas à trouver un producteur pour les enregistrer. Ils sont en quête, eux aussi, d'un nouveau groupe où ils pourraient s'intégrer. Bakhti les présente à Chérif qui leur fait subir un "examen" musical et l'affaire est conclue. Mais il restait un problème : Saïda. "Il a fallu monter chez sa famille à Marrakech pour leur expliquer que Saïda fera carrière d'artiste à Casablanca, se souvient Mohamed Bakhti. Je me suis personnellement porté garant de sa sécurité et de sa bonne éducation". La jeune Saïda habite chez la famille Bakhti aux Roches-Noires. Chérif, après avoir testé les noms de "Khatoua khatoua (pas à pas)" et "Les étoiles filantes", finit par se fixer sur Lemchaheb, ou les barres rougeoyantes sur lesquelles on cuit le pain dans le four traditionnel. En 1973, le groupe, composé de Chérif, Saïda et les frères Bahiri (en plus de Bakhti, le manager) voit officiellement le jour. Il signe chez Barclay, alors en prospection au Maroc et entame ses premiers enregistrements (Al-Khyala, Bladi, premiers classiques). Chérif dessine les célèbres costumes qui signent le look du groupe, sa mère les découpe. Nous sommes en 1974, c'est le temps des premières prestations scéniques. Les affiches sont conçues par l'omniprésent Chérif, qui n'a rien perdu de son talent de dessinateur. Après une première tournée européenne pour le compte de la RAM (où le groupe encaisse 700 DH par soirée, en plus d'un défraiement quotidien... de 10 francs), Lemchaheb passe aux choses sérieuses : la scène casablancaise. Comme les Ghiwane quelques années auparavant, l'examen de passage de la bande à Chérif a lieu au cinéma Saâda, qui tient aussi lieu de salle de spectacle au Hay Mohammadi. 300 fans sont au rendez-vous. Le deuxième concert, à l'autre salle mythique de la ville, le Kawakib à Derb Soltane, élargit le premier cercle des aficionados. Lemchaheb s'est fait un nom, même si la RAM, qui les intègre dans une nouvelle tournée promotionnelle en Europe, les engage en tant que "Nass El Mchaheb".
Malgré le succès grandissant, Chérif est le premier à comprendre les limites du groupe. "Il nous faut de nouvelles gammes vocales, nous n'irons pas loin dans notre configuration actuelle", confie-t-il au fidèle Bakhti. Les frères Bahiri sont évincés suite à un différend personnel (le groupe tient régulièrement des conseils d'administration pour sanctionner les écarts de discipline !) et partent fonder, de leur côté, le groupe Lajouad. L'excellent Boulmane, songwriter attitré du groupe, part à Marrakech où il deviendra, plus tard, l'un des meilleurs avocats de la ville. C'est la crise. Chérif "teste" alors un nouveau-venu : Mohamed Batma, ancien de Tagadda, admirateur de Lemchaheb (et de Saïda plus particulièrement), depuis qu'il a assisté à leur premier concert au cinéma Saâda. Batma abandonne son boulot de cheminot et intègre ainsi le groupe dont il enrichit le répertoire avec le superbe "Amana". Tournant désormais à trois, Lemchaheb prospecte de nouveaux musiciens pour remplacer les frères Bahiri. Encore une fois, le salut vient de "La Comédie", où Bakhti, fidèle client, déniche quatre nouveaux talents : Mohamed Sousdi, Mobarak Jadid (dit Chadili), Saïd Bouqal et Hamid Tchika. Les quatre musiciens reviennent d'une tournée calamiteuse en France et cherchent à se relancer. Ils sont présentés à Chérif qui les "teste" et garde les deux premiers : Sousdi et Jadid-Chadili. L'un est un pur produit du Hay, épris de musique algérienne, avec un registre de voix aiguë rappelant le célèbre Boujemia. L'autre est un véritable poète hassani, originaire de Zagora. La combinaison est parfaite : Sousdi apporte le mémorable Al-Hasla, Chadili vient avec Ettaleb et Hab Erramane. Le groupe, qui tourne désormais à cinq unités, enregistre de nouvelles bandes dans l'arrière-boutique d'un atelier de cordonnerie tenu par un certain Abderrahmane Alami. Le résultat est remarquable. Lemchaheb repart en tournée. Mais Saïda, entre-temps marié à Batma, tombe enceinte et le groupe, à l'unanimité, choisit de l'écarter. Nous sommes en 1975. Lemchaheb, avec une poignée de chansons, est devenu le rival le plus sérieux des Ghiwane, loin devant Tagadda ou Jil Jilala. Dans le nord du pays, mais aussi chez les voisins algériens, ils sont fameux. C'est la période faste de Lemchaheb qui les emmène aux quatre coins du royaume (Sahara compris), dans les pays du Maghreb et en Europe. Leur potentiel devient encore plus fort avec l'arrivée, courant 1976, de l'excellent Mohamed Hamadi, ancien de Nouass Al-Hamra, un groupe marrakchi. La configuration est définitive, les cinq talents qui composent le groupe se lâchent complètement, toujours sous la direction du "médium" Chérif et du réaliste Bakhti, l'homme de l'ombre. Les textes se politisent. Batma, sur l'indémodable Daouini, pousse le luxe jusqu'à détourner le final, "wahaïdouss" devenant malicieusement "wahaïdouh" ("virez-le", allusion directe au roi dont la popularité, à l'époque, était au plus bas). Le couplet devient d'ailleurs un hymne underground. Le même Batma, sur Khiyi, se fend d'une étonnante intro : "Youmek jak... Hak hada ma souiti" (ton heure est venue, voilà ce que tu mérites). Sur scène, la deuxième partie du couplet est accompagnée d'un retentissant "doigt d'honneur"...
La décennie des années 80 sera celle de toutes les expérimentations. Chérif et Chadili tentent un "mariage" musical réussi avec les Allemands de Dissidenten. Lemchaheb investit dans un studio, Zeryab, qui se transforme en gouffre financier. L'unité du groupe en prend un coup. Chérif, notamment, multiplie les voyages, allant jusqu'à s'installer, de longues années durant, en Tunisie. Sans son maître à penser, le groupe perd de son impact, se contentant de puiser dans son propre répertoire. Ce déclin sera confirmé dans la décennie suivante avec le départ du fédérateur Bakhti, qui plie bagages et s'installe aux États-Unis. C'est le coup de grâce. Lemchaheb recolle les morceaux quand Bakhti rentre au pays, en 2002. Mais le c½ur n'y est plus. Batma, longtemps malade, a quitté ce monde dès 2001. Les autres membres ont pris de la bouteille. La crise d'inspiration affecte plus encore Chérif qui cherche désespérément à se renouveler et va jusqu'à créer un groupe parallèle, Lemchaheb music, sans relief. Trop tard. Pour l'anecdote, Lemchaheb se retrouvera au complet le 16 mai 2003 au complexe Sidi-Belyout, au moment même où des explosions embrasaient le ciel de Casablanca, quelques mètres plus loin. Chérif jouera une dernière fois sur scène (avec son nouveau groupe) en juin 2004 pour la fête de la musique. Saïda, après une éclipse de près de 30 ans, remontera également sur scène avec Sousdi, Hamadi et Chadili. Mais le train est passé. Chérif meurt le 20 octobre d'un cancer digestif. Sa fameuse mandoline, qui a composé tant de chefs-d'½uvre, est déclarée "objet perdu" depuis...
# Posté le jeudi 27 mars 2008 19:10